La SATT Nord annonce la signature d’une licence d’exploitation exclusive de la technologie Bioversight au profit de la startup Elidreo, spécialisée dans les outils innovants de surveillance environnementale dédiés à la détection des pollutions chimiques et microbiologiques.
Ce transfert marque une avancée majeure dans la protection des milieux aquatiques et l’évaluation de la qualité des eaux, enjeux au cœur des politiques publiques environnementales.
L’eau est une ressource indispensable à la vie. Sous l’effet des activités humaines (transport, industrie, agriculture, hôpitaux, domestique…), elle fait l’objet de nombreuses pollutions susceptibles d’affecter la biodiversité et la santé humaine. Protéger la ressource en eau constitue donc un enjeu majeur reposant sur :
- Le maintien de la biodiversité et des services écosystémiques,
- Une réflexion de plus en plus stratégique sur la réutilisation de l’eau.
Dans les pays industrialisés, la qualité conventionnelle de l’eau repose sur des analyses effectuées selon des référentiels bien établis basés sur la réglementation (EU, France), via les réseaux de traitement de l’eau potable et des eaux usées. Les industriels devant de leur côté garantir la sécurité et la conformité aux normes établies des eaux rejetées.
Aujourd’hui, ce sont essentiellement des approches physico-chimiques et microbiologiques qui sont utilisées par les laboratoires d’analyse, toutefois, ces approches présentent certaines limites, non seulement liées à la nature de cette matrice, mais aussi aux risques de présence de contaminants toxiques, et difficilement traçables.
C’est la raison pour laquelle on assiste à un intérêt grandissant pour l’utilisation du biote (organismes vivants présents dans un biotope) comme outil de biosurveillance. En effet, l’utilisation d’organismes biologiques (mollusques, invertébrés…) comme sentinelles de la qualité de l’eau apparait comme une alternative technologique susceptible de répondre à ces limitations, en permettant de renseigner les informations non disponibles via les approches physico-chimiques (toxicité, biodisponibilité).
Une technologie innovante pour répondre aux défis de la pollution de l’eau
La technologie BIOVERSIGHT est une solution de biosurveillance, utilisant comme espèce sentinelle, des dreissènes (moule zébrée, mollusque bivalve), reconnues comme étant particulièrement efficaces pour le suivi des contaminants biologiques dans le milieu aquatique.
Cet outil de diagnostic standardisé et facile d’utilisation, va permettre d’aider les gestionnaires de l’eau et les industriels à prévenir les risques liés à la dégradation de la qualité de l’eau en identifiant le niveau de pollution pour une large gamme de contaminants chimiques (métaux, pesticides, PCBs, hydrocarbures…) et microbiologiques (bactérie, virus).
Il viendra en complément des outils de mesure plus classiques proposés par les laboratoires d’analyses spécialisés (dosage de micropolluants), et de solutions développées ces dernières années utilisant le biote comme bioindicateur, et pourrait être utilisé dans d’autres contextes d’étude comme l’évaluation de l’eau destinée à la potabilisation, à la réutilisation, ou encore pour des études d’impact de rejets de stations d’épuration…
Un projet issu de 10 ans de recherche en écotoxicologie aquatique
Ce projet a été développé par les chercheurs de l’Unité Stress Environnementaux et BIOsurveillance des milieux aquatiques (UMR-I 02 SEBIO) de l’Université de Reims Champagne-Ardenne, qui porte depuis plus de 10 ans des recherches en écotoxicologie aquatique.
Le laboratoire SEBIO se positionne comme une structure unique en France en matière de recherche en sciences de l’environnement, lui permettant de s’inscrire dans des programmes nationaux et européens de grande envergure (H2020, Interreg, ANR-I, PIA3) visant à proposer des solutions innovantes et à structurer la réflexion en matière de la bio évaluation des impacts écotoxiques sur les masses d’eau.
L’équipe composée du Pr Alain Geffard, du Dr Mélissa Palos-Ladeiro, directrice d’unité du laboratoire SEBIO, et du Dr Audrey Catteau, chercheuse au sein de l’unité UMR-I 02 SEBIO, est spécialisée dans l’étude des effets toxiques de contaminants émergents (chimiques et biologiques) et dans le développement de différents outils (bioessais, biomarqueurs, modèle d’écotoxicité, indicateurs biologiques).
Un soutien fort de la SATT Nord pour le développement du projet Bioversight
La SATT Nord a contribué aux avancées de ce projet avec un financement total de 171 500 €.
Ce financement a permis d’obtenir un modèle standardisé de dreissènes et de recruter une ingénieure développement, Audrey Catteau, qui par la mise en place de différents essais a réussi à démontrer l’efficacité du bioessai dreissènes pour le suivi de certaines cibles microbiologiques.
Ce développement s’est notamment effectué en collaboration avec le SEDIF (Syndicat des Eaux d’Ile-de-France) qui a ouvert son site et mis à disposition leurs données dans l’eau, et ACTALIA qui a apporté son expertise sur les analyses microbiologiques.
La SATT Nord, en partenariat avec l’incubateur Innovact / Quest For Change, a également accompagné le projet sur les aspects entrepreneuriaux.
Dans ce cadre, la future startup a bénéficié d’une Bourse French Tech Lab de Bpifrance, qui a permis de financer, entre autre, un accompagnement de l’équipe pour la structuration du projet entrepreneurial, l’élaboration de sa feuille de route stratégique de mise sur le marché, ainsi que son plan de prospection clients.
« Avec cette signature de licence, nous démontrons une nouvelle fois la capacité des laboratoires du territoire à produire des solutions innovantes au service des enjeux environnementaux. C’est exactement la mission de la SATT Nord : transformer les résultats de la recherche en solutions concrètes pour les territoires. » Frédéric Grimbert, Directeur des relations Grand Est SATT Nord.
Elidreo : une startup engagée pour la surveillance environnementale
Elidreo développera, industrialisera et commercialisera la solution BIOVERSIGHT en s’appuyant sur son expertise en biosurveillance des milieux aquatiques et sa maîtrise des bioessais standardisés utilisant la moule zébrée. L’entreprise prévoit la normalisation du bioessai au sein de l’AFNOR, et poursuivra son développement scientifique en partenariat avec l’Université de Reims et le laboratoire SEBIO, afin de renforcer la robustesse et d’élargir les applications de la méthode. Elle ambitionne ainsi d’accélérer l’accès des gestionnaires de l’eau à des solutions sensibles, robustes et opérationnelles pour répondre aux enjeux croissants de qualité de l’eau.



