acTTTus #8 – Diagnostic précoce du cancer, un modèle de transversalité ?

Partager sur facebook Partager sur twitter Partager sur linkedin
16 juillet 2020

La communauté scientifique mobilise ses chercheurs de tous horizons pour lutter contre ce fléau. Décryptage.

Près d’un décès sur six est lié au cancer dans le monde : de 15 millions par an, nous devrions passer à 20 ou 25 millions au cours des dix prochaines années. La prise en charge au plus tôt mobilise donc la communauté scientifique internationale et met l’accent sur une approche pluridisciplinaire.

Un double enjeu : de santé publique en tout premier lieu, mais aussi économique

Pour de nombreux cancers, plus la détection se fait en amont, plus les chances de guérison sont élevées. Certains cancers, comme le cancer colorectal, ont des probabilités de guérison très élevées en stade amont (près de 90%), alors qu’en phase métastasique (plus avancée), elles ne sont parfois que de quelques %, avec des traitements lourds souvent mal supportés par les patients. Les thérapies ciblant au plus tôt les premiers stades de la pathologie permettent des traitements moins lourds et plus efficaces.

Autre enjeu majeur : l’impact économique. Le coût des traitements, de plus en plus élevé, va, dans les prochaines années, rendre problématique l’accès aux soins. Le diagnostic précoce devient là aussi un levier pour assurer une prise en charge des patients sans mettre en péril les dispositifs de protection sociale. Plusieurs études ont montré que, dans les pays à revenus élevés, le diagnostic précoce engendrait des traitements 2 à 4 fois moins coûteux qu’à des stades plus avancés de la maladie.

Autour de ce double enjeu, prévenir le cancer doit aussi favoriser des protocoles légers permettant la poursuite d’une vie normale, et en particulier le maintien d’une activité sociale et professionnelle.

Un diagnostic au plus près des patients

Les méthodes de diagnostic évoluent fortement aujourd’hui, avec l’arrivée de nouvelles techniques pour améliorer l’instrumentation traditionnelle (en imagerie, biomarqueurs…), mais aussi de dispositifs connectés dont le marché explose. A titre d’exemple, bon nombre de start-up propose aujourd’hui des tests détectant des biomarqueurs du cancer, à partir d’une simple goutte de sang.

Le suivi de la santé et du bien-être – d’abord développé comme un outil marketing au service de la portabilité (exemple des montres connectées) – a tendance aujourd’hui à vouloir se rendre médicalement plus crédible et être intégré au service d’une médecine personnalisée et gérable à distance.

Les innovations sont nombreuses, dans les techniques traditionnelles d’imagerie, mais aussi autour de la détection de biomarqueurs de type protéines, gènes ou encore anticorps. Sur les dispositifs portables, citons le soutien-gorge connecté pour le suivi des tumeurs ou encore la montre connectée pour prévenir les récidives.

Big Data et intelligence artificielle, pour accélérer le diagnostic précoce

Se positionner plus en amont nécessite une prise en compte des facteurs de risque (tabagisme, sédentarité, diabète, obésité, alcoolisme, pathologies infectieuses, pollution…) dans ces nouveaux dispositifs. Et face à l’augmentation du nombre de paramètres à prendre en compte et à la complexité inhérente de traitement, l’intelligence artificielle s’invite autour de la table.

Les GAFAM sont quasiment tous en lice pour investir dans des start-up (ou pour les acquérir), mais aussi développer des techniques propres. Ainsi, Google et la société anglaise DeepMind se sont associés pour développer un algorithme permettant d’améliorer le diagnostic du cancer du sein, confortés par une étude récente publiée dans la revue Nature. Certaines start-up ont même réalisées des levées de fonds records, comme par exemple Grail, utilisant les tests sanguins : depuis sa création en 2015, elle a levé près de 2Mds$, dont 390M$ encore cette année. Amazon est impliquée dans la start-up et apporte ses moyens de stockage et analyse dans le Cloud.

Ce dynamisme entrepreneurial, boosté par les acteurs du numérique, se traduit également en termes de Recherche et d’Innovation. Le nombre de projets de recherche collaborative européens H2020, les dépôts de brevets et les essais cliniques ont doublé en 5 ans. Les articles scientifiques ont triplé sur la même période et les compétences scientifiques élargies à l’IA sont bien réelles et mesurables dans la production scientifique.

Des enjeux pour Toulouse

Cancer, Intelligence Artificielle, Systèmes embarqués : Toulouse dispose de tous les atouts pour devenir un acteur de premier rang à la convergence de ces disciplines phares. L’écosystème scientifique et industriel est d’ores et déjà en ordre de marche. A titre d’exemple, les travaux scientifiques de l’IUCT, du LAAS et du CHU de Toulouse ont permis l’émergence de la start-up SmartCatch, spécialisée sur le diagnostic précoce du cancer.

Données issues de Tech Intelligence® – service d’intelligence économique de Toulouse Tech Transfer.

Newsletter