La startup LTF révolutionne la performance des réseaux d’eau potable

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06 juillet 2026

Comment alimenter en électricité les milliers de capteurs qui surveillent les réseaux d’eau, souvent enterrés et sans accès au courant ? La startup LTF, ancrée sur une technologie issue du laboratoire ICube propulsée par CONECTUS, répond à cet enjeu majeur de suivi de la qualité des eaux et une meilleure productivité des réseaux par une micro-turbine qui produit de l’électricité à partir de l’écoulement de l’eau. Créée en avril 2026 à Strasbourg, la startup entre dans une phase d’industrialisation avec des perspectives commerciales prometteuses sur les marchés des réseaux d’eau potable, de l’industrie et du traitement de l’eau.

 

En France, sur près d’un million de kilomètres de réseaux d’eau potable, environ 200 000 km présentent un potentiel d’optimisation, soit de l’ordre de 20 000 points à équiper. Sans parler du monde industriel où jusqu’à 20 % de l’énergie consommée est liée au pompage des fluides, dont une partie importante est dissipée sans valorisation.

Logo LTFLa micro-turbine innovante développée par la startup strasbourgeoise LTF supprime piles, panneaux solaires et raccordements électriques pour alimenter de manière autonome les équipements d’instrumentation dans les réseaux d’eau et valoriser l’énergie fatale des process industriels
LTF installe sur la conduite une micro-turbine hydraulique qui convertit l’énergie cinétique de l’eau en électricité locale. Son fonctionnement est réversible (selon le sens d’écoulement de l’eau), sans perte de charge notable pour le réseau, et résistant aux variations de pression. La turbine s’adapte aux installations existantes. La technologie est protégée par un brevet décliné sur plusieurs pays. Concrètement, le capteur n’a plus besoin ni de pile ni de raccordement : tant que l’eau circule, il est alimenté. La production peut atteindre 40W pour des écoulements de 2m/s.

Cette micro-turbine, très prochainement accréditée ACS*, a atteint un stade industriel (TRL 8) et fait l’objet de tests en situation réelle. LTF a réuni 320 000 €, dont une participation inédite de l’ENGEES – l’Ecole nationale du génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg – et prépare une levée de l’ordre du million d’euros. 

  • « L’ENGEES forme des ingénieurs et conduit une recherche appliquée mais sa mission va plus loin : faire passer cette recherche du laboratoire aux acteurs de l’eau. LTF en est l’illustration. Cette technologie née à ICube, portée par nos enseignants-chercheurs et l’un de nos anciens élèves, répond aux grands enjeux des réseaux d’eau : réduire les fuites, garantir la qualité sanitaire de l’eau, maîtriser l’énergie d’exploitation. En entrant à son capital, une première pour l’école, nous prolongeons cet engagement »témoigne Jean-Marc Willer, directeur de l’ENGEES.
     
  • « Sur un réseau enterré, remplacer la pile d’un capteur coûte souvent plus cher que le capteur lui-même. Notre turbine supprime ce poste : tant que l’eau coule, la mesure continue. LTF entre aujourd’hui dans une phase clé : celle de l’industrialisation et du déploiement de solutions capables de rendre les réseaux plus intelligents, plus autonomes et plus durables », explique Pierre Harguindeguy, Président de LTF.

Interconnecté à un écosystème d’acteurs de l’eau particulièrement dynamique en Alsace, le projet repose sur un montage peu courant entre recherche et industrie. La technologie est née au laboratoire ICube (Université de Strasbourg, CNRS, ENGEES), sous l’impulsion de trois enseignants-chercheurs de l’ENGEES. Une licence exclusive d’exploitation a été concédée par CONECTUS à LTF pour permettre de commercialiser cette innovation sur le marché.

Contrairement à beaucoup de projets deeptech, LTF, officiellement créée en avril dernier, n’en est plus au prototype. La technologie est née d’une thèse — concept validé en 2022 (TRL 4) — puis d’un programme de développement technologique de 235 k€ piloté par CONECTUS, société d’accélération du transfert de technologies, qui l’a propulsée au TRL 7. La première version a obtenu l’accréditation sanitaire ACS, requise au contact de l’eau potable, et fait aujourd’hui l’objet de tests grandeurs nature chez plusieurs clients pionniers.

  • Emmanuel POTEAUX, Président de CONECTUS, souligne : “Ce projet est inédit dans sa démarche. C’est la première fois sur notre territoire qu’une grande école d’ingénieurs comme l’ENGEES apporte un tel soutien financier dans un projet entrepreneurial innovant. Un beau modèle à pérenniser pour accélérer l’émergence d’innovations de rupture dans le domaine stratégique de la greentech et tout particulièrement celui des énergies renouvelables.”

LTF entend élargir sa gamme et viser des marchés industriels à plus forte puissance énergétique. À horizon 2030, l’entreprise vise un chiffre d’affaires prévisionnel de 3,5M€ en déployant ses solutions

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