acTTTus #1 de Toulouse Tech Transfer : des chercheurs toulousains publiés dans « Science »

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21 March 2019

La célèbre revue scientifique « Science » s’est fait l’écho récemment de résultats de recherche qui prouvent à grande échelle le processus de transmission d’informations entre générations chez la drosophile. Des chercheurs du laboratoire Évolution & Diversité Biologique (UMR 5174, UPS/CNRS/IRD) et du Centre de Recherches sur la Cognition Animale (UPS/CNRS) viennent de montrer que les drosophiles possèdent toutes les capacités cognitives pour transmettre culturellement certaines informations d’une génération à l’autre.

L’information qui est transmise au travers des générations ne se réduit pas à la seule information génétique encodée dans la séquence de l’ADN. Plusieurs chercheurs de cette équipe soulignent, depuis plus de 10 ans, le fait qu’il existe de très nombreuses formes de transmission transgénérationnelle d’informations qui participent au processus d’adaptation et d’évolution. En particulier, quand l’information est apprise d’autres individus, cela peut enclencher une transmission d’informations entre générations, conduisant à ce que l’on appelle la transmission et l’évolution culturelle. Le propre de la culture réside dans la transmission d’information entre générations par des processus purement sociaux. Grâce à plusieurs processus de correction comme le conformisme (se comporter comme la majorité) la variation entre individus peut être transmise de manière stable sur de nombreuses générations.

Conception d’un dispositif expérimental innovant

Afin de démontrer ce processus chez la drosophile, les chercheurs ont développé un dispositif hexagonal de démonstration multiple (figure B) pour étudier l’apprentissage social (apprentissage à partir de l’observation du comportement des autres, qui peut impliquer par exemple de l’imitation ou du copiage). Jusqu’à présent de telles études impliquant un grand nombre d’individus ne pouvaient pas être menées car les chercheurs ne disposaient que de dispositifs artisanaux d’observation où un seul individu pouvait observer le choix d’un seul autre individu (figure A).

L’hexagone permet de montrer à des femelles de drosophiles naïves (appelées femelles observatrices) mises dans l’arène centrale six démonstrations comportementales simultanées. Dans le cas de l’étude récemment publiée, les observatrices sont soumises à 6 démonstrations (une par compartiment périphérique) d’une femelle choisissant entre deux mâles de phénotype contrasté. C’est donc un dispositif permettant aux femelles observatrices au centre de détecter s’il existe une préférence majoritaire dans la population.

Grâce à ce dispositif, les chercheurs ont ainsi pu démontrer pour la première fois que ce conformisme est très fort puisque les femelles construisent une préférence équivalente et forte pour les mâles majoritairement préférés pendant les démonstrations tant qu’il y avait une majorité détectable parmi les démonstratrices. Ce résultat très surprenant suggère que les drosophiles, et donc probablement beaucoup d’organismes, ont une grande capacité à détecter une tendance majoritaire, ce qui ouvre d’importantes perspectives en particulier en termes de transmission culturelle et d’émergence de traditions locales arbitraires.

Le dispositif innovant de l’hexagone pourrait intéresser les laboratoires de recherche du domaine, il est disponible par le biais d’un contrat de transfert de matériel auprès de Toulouse Tech Transfer.

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