Quantique : Comment les SATT contribuent aux ambitions françaises par la deeptech ?

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14 October 2026

Calcul haute performance, capteurs de nouvelle génération et communications ultra-sécurisées : les technologies quantiques poursuivent une évolution fulgurante ouvrant un monde de possibilités qui s’accompagne d’enjeux stratégiques majeur pour l’avenir. Les SATT jouent un rôle moteur pour faire émerger les innovations de rupture issues de la recherche publique, accélérer leur industrialisation et répondre aux défis de compétitivité et de souveraineté.

Une technologie clé pour l’avenir

En raison de leur potentiel unique, les technologies quantiques joueront un rôle central dans les prochaines avancées technologiques, transformant des domaines essentiels tels que la santé, l’environnement et la cybersécurité. Leur développement repose sur des défis technologiques et économiques majeurs, comme la stabilité des qubits, la correction des erreurs, le passage à l’échelle, ou celui des coûts d'investissement élevés. Elles représentent également un enjeu majeur de souveraineté technologique et de compétitivité. La maîtrise des composants, logiciels et compétences associés est essentielle pour sécuriser les infrastructures et développer des solutions uniques, dans un contexte de compétition internationale dominée notamment par les États-Unis et la Chine.

Le secteur quantique connaît actuellement une forte accélération avec un marché mondial qui pourrait atteindre 60 à 100 milliards de dollars d’ici 2035, tandis que les start-up du secteur ont attiré 12,6 milliards de dollars d’investissements en 2025, soit 6,3 fois plus qu’en 2024. En Europe, l’Union européenne a investi près de 2 milliards d’euros dans les technologies quantiques au cours des cinq dernières années, auxquels s’ajoutent plus de 9 milliards d’euros de financements publics nationaux. La Commission européenne estime que la valeur mondiale du secteur quantique pourrait dépasser 155 milliards d’euros d’ici à 2040, avec des milliers d’emplois hautement qualifiés attendus dans l’Union européenne. D’ici cinq à dix ans, elle pourrait employer entre 15 000 et 20 000 personnes en France, contre 4 000 à 5 000 aujourd’hui, selon diverses estimations.

Une ambition française et européenne

L’ambition de la France est de bâtir une filière quantique européenne de rang mondial, capable de développer des technologies stratégiques indépendantes des acteurs étrangers. Pour devenir un leader incontournable, elle doit investir dans la recherche et l’industrie. Lancée en janvier 2021, la Stratégie Nationale Quantique vise à accélérer la recherche, renforcer les formations, soutenir l’innovation et structurer la filière industrielle. Elle mobilise recherche publique, industriels et startups, notamment à travers le PEPR Quantique, qui finance les travaux scientifiques et technologiques jusqu’aux premières preuves de concept. Elle répond à un enjeu de souveraineté nationale et européenne : permettre de développer des solutions propres et rester compétitives à l’échelle internationale. En mai 2026, la France a annoncé un milliard d’euros supplémentaire, portant le financement public de la stratégie à 1,7 milliard d’euros et l’engagement public-privé à plus de 3 milliards d’ici 2030.

À l’échelle européenne, la Commission a présenté en juillet 2025 une stratégie visant à faire de l’Union un acteur mondial de premier plan dans le domaine quantique d’ici à 2030. Elle repose sur cinq axes : recherche et innovation, infrastructures, structuration de l’écosystème, technologies spatiales et à double usage, et développement des compétences. La France souhaite inscrire cette stratégie dans une dynamique européenne plus large. Dans le cadre du futur Quantum Act attendu en 2027, elle défendra notamment une commande publique mutualisée d’ordinateurs quantiques et le développement de feuilles de route technologiques communes entre États membres. À terme, la capacité de la France et de l’Europe à convertir leur excellence scientifique en entreprises compétitives sera déterminante pour faire du quantique un véritable levier de souveraineté, de croissance et de création d’emplois qualifiés.

Les SATT en première ligne

Les Sociétés d’accélération du transfert de technologies (SATT) jouent un rôle déterminant dans la transformation des découvertes scientifiques en innovations économiques. À l’interface entre la recherche publique et le monde industriel, elles contribuent à faire émerger des solutions technologiques à fort potentiel, en réduisant les risques associés aux premières étapes de leur développement.

Le quantique illustre particulièrement l’importance de cette mission. Les technologies issues de la recherche publique reposent souvent sur des connaissances scientifiques de pointe, mais nécessitent encore des développements importants avant de pouvoir être industrialisées.

En intervenant en amont, les SATT contribuent à :

  • Faire émerger des innovations dans le calcul, les capteurs, les communications et les technologies habilitantes ;
  • Financer les preuves de concept et les premières étapes de maturation ;
  • Sécuriser la propriété intellectuelle et faciliter les collaborations entre laboratoires et industriels ;
  • Identifier les applications et les marchés pertinents ;
  • Préparer le transfert de technologie ou la création de startups deeptech.

Le développement d’une innovation quantique présente des contraintes particulières. Les cycles de recherche sont souvent longs, les investissements initiaux élevés et le passage du prototype à l’industrialisation complexe. Les startups doivent réunir des compétences rares, protéger leur propriété intellectuelle, démontrer la fiabilité de leurs technologies et trouver les premiers clients capables de tester leurs solutions. Ordinateurs, matériaux, composants, capteurs… Les innovations quantique quitte progressivement les laboratoires pour entrer dans une phase d'industrialisation et les SATT sont des acteurs de premier plan dans cette dynamique.

Les SATT, acteurs du quantique sur leurs territoires

En Occitanie, les SATT Toulouse Tech Transfer et AxlR sont membres fondateur de la Maison du Quantique Occitanie, un hub régional dédié au développement des projets industriels et de recherche en calcul quantique hybride, sélectionné dans le cadre de l'appel à projets national lancé par HQI (France Hybrid HPC Quantum Initiative) en 2024. Elles participent au sourcing de technologies et des cas d'usage et contribuent à la mise en place d'un dispositif complet de veille pour les membres académiques et industriels.

Toulouse Tech Transfer apporte également un appui à la mise en place de l'Institut Quantique Occitan par des cartographies des compétences régionales et des entreprises européennes innovantes dans le domaine du Quantique. De son côté, la SATT AxLR est Co-chef de file consortium QuantXium (SNA Technologies Quantiques) sur le volet maturation. Des exemples qui démontrent que les SATT interviennent à plusieurs niveaux complémentaires : au plus près des écosystèmes territoriaux, pour détecter et connecter les innovations, et à l’échelle nationale, pour mutualiser les expertises et renforcer la maturation des technologies stratégiques.

Les startups et technologies SATT

En France, les startups et technologies deeptech contribuent à positionner l’Europe dans la course mondiale, en développant des solutions de calcul quantique souveraines, performantes et responsables, au service de tous les secteurs économiques. L’enjeu auquel répondent les SATT est donc de faire émerger des startups capables de franchir les différentes étapes de leur développement : de la preuve de concept à la première commercialisation, puis à l’industrialisation et à l’expansion internationale. Depuis 2012, plus d’une quinzaine de startups et technologies issues des SATT ont nourris la filière du quantique. Un chiffre qui témoigne de leur contribution à l’émergence de la filière.

Parmi elles on compte notamment Alice & Bob, leader dans le domaine de l'informatique quantique tolérante aux pannes, membre du French Tech Next40. La startup est en développement croissant avec 130 millions d’euros levée, plus de 250 salariés entre Paris et Boston et un laboratoire de 4 000 m² en Île-de-France. Elle a récemment annoncé un investissement de NVentures, la branche de capital-risque de NVIDIA, et dévoilé Helium, son premier ordinateur quantique intégré. Le projet a été accompagné dès sa création par la SATT Pulsalys.

Un exemple parmi plusieurs startups prometteuses qui sont issues de tous les territoires comme Welinq et sa mémoire quantique (Lutech, Île-de-France), QPerfect, et ses logiciels et solutions pour l'informatique quantique, qui viens de rejoindre le groupe BTQ Technologies (Conectus, Alsace), Altrans et son système de surveillance réseau par algorithmes quantiques (Grenoble, AURA), Portyq et ses technologies de cryptographie post-quantique (SATT Aquitaine) ou encore Mottronix qui s'appui sur des matériaux quantiques pour une IA mille fois moins gourmande (Ouest Valorisation, Bretagne & Pays de la Loire).

Les startup et technologies SATT dans le quantique :

Le consortium QUANTXIUM

Dans le cadre de France 2030, l’État a déployé 18 stratégies nationales d’accélération (SNA) avec un soutien fort pour la recherche publique et sa valorisation. Le consortium QuantXium vise à garantir la souveraineté technologique et la compétitivité de la France, en se dotant des infrastructures et des compétences nécessaires en matière de technologies quantiques. Par son approche ciblée, QuantXium cherche à maximiser l’impact économique et technologique des projets soutenus, garantissant ainsi leur viabilité et leur succès à long terme.

Le consortium est doté d’un budget de 15 millions d’euros sur 5 ans et propose des nouveaux soutiens financiers pour 2 phases spécifiques du développement de projets innovants : la prématuration et la maturation technologique. Ce programme cible deux thématiques :

  • Les capteurs quantiques : En identifiant des usages à large spectre d’emploi afin d’assurer la viabilité économique de toute la chaine de valeur.
  • Les calculateurs quantiques : En identifiant les options technologiques les plus prometteuses pour passer à l’échelle et répondre à des problèmes concrets des utilisateurs finaux.

QuantXium est piloté par CNRS Innovation et la SATT AXLR et regroupe 19 partenaires organismes de recherche, universités, SATT et SATT expérimentales : AxLR, CEA, Conectus, CNRS, Erganeo, Inria, Institut Polytechnique Paris, Linksium, Lutech, PSL, SATT Paris-Saclay, SATT Sud-Est, Sayens, Sorbonne Université, Toulouse Tech Transfer, Université Côte d’Azur, Université Grenoble Alpes, Université de Paris Cité, Université Paris-Saclay. Ce réseau diversifié permet de réunir les principaux acteurs des technologies quantiques, éléments cruciaux pour le développement d’une stratégie nationale du quantique en France.

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